vendredi, avril 4

La radiophonie

LA RADIOPHONIE EN BELGIQUE

CHRONOLOGIE SUCCINCTE

  • 1900  Le roi LĂ©opold II invite Marconi Ă  effectuer une dĂ©monstration de ‘T.S.F.’ au palais royal. BĂ©nĂ©ficiant de l’appui du Roi, Marconi installe son ‘Continental Office’ Ă  Bruxelles.
  • 1904  L’équipement en TSF des malles Ostende-Douvres lui est confiĂ©. La premiĂšre Ă  en ĂȘtre Ă©quipĂ©e est la ‘Princesse ClĂ©mentine’.
  • 1906  Le Canadien Reginald Fessenden rĂ©alise la premiĂšre Ă©mission de radio :durant la nuit de NoĂ«l 1906, il diffuse un programme (lecture de la Bible, musique classique) Ă  partir d’une station cĂŽtiĂšre installĂ©e prĂšs de Boston aux États-Unis.
  • 1907  En Belgique, Robert Goldschmidt, en collaboration avec Maurice Philippson effectue avec succĂšs les premiĂšres expĂ©riences de tĂ©lĂ©phonie sans fil depuis le Palais de justice de Bruxelles.
  • 1908  Le 10 juillet, sous le rĂšgne de LĂ©opold II, une loi relative Ă  la radiotĂ©lĂ©graphie et Ă  la radiotĂ©lĂ©phonie sans fil est promulguĂ©e.
  • 1912  Le 3 novembre, un arrĂȘtĂ© Royal intervient et soumet Ă  autorisation prĂ©alable « tout projet quelconque d'installation d'appareils Ă  radiation Ă©lectriques ».
  • 1913  Le projet ambitieux de communiquer avec notre colonie, initiĂ© par LĂ©opold II, est repris par Albert I. Il en confie la rĂ©alisation Ă  Robert Goldschmidt, physicien et professeur Ă  l’U.L.B. Goldschmidt et son associĂ© Raymond Braillard Ă©rigent en 1913 Ă  Laeken une puissante station tĂ©lĂ©graphique permettant une liaison avec le Congo.
    Depuis cette annĂ©e, les particuliers avaient l’autorisation de possĂ©der un rĂ©cepteur Ă  galĂšne et des associations d’amateurs de TSF voyaient le jour.
Poste à galùne ‘Aeriola Junior’ (1921)
  • 1914  Le 28 mars, le Roi Albert fait installer au Palais de Laeken un poste rĂ©cepteur pour Ă©couter la T.S.F. en famille. Robert Goldschmidt et Raymond Braillard diffusent un premier concert Ă  17 heures, et le rejouent Ă  20h30 pour la famille royale. Le programme est prĂ©sentĂ© par le speaker Joseph LongĂ©. Les concerts de Laeken sont les premiĂšres Ă©missions rĂ©guliĂšres de radio en Europe.
  • 1914  Le 19 aoĂ»t, sur ordre du Roi, les installations Radio Laeken sont dynamitĂ©es.
  • 1920  Le 7 aoĂ»t, un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel prĂ©cise Ă  nouveau les « conditions d'Ă©tablissement des postes rĂ©cepteurs de tĂ©lĂ©graphie sans fil » ; de plus tout dĂ©tenteur de poste de radio doit Ă©crire une lettre au ministĂšre des P.T.T., solliciter le permis d'Ă©tablir un poste rĂ©cepteur et  payer une taxe de 20 francs.
  • 1923  Pour rentabiliser la fabrication de ses rĂ©cepteurs (‘Ondolina’), la firme S.B.R. obtient l'autorisation d'installer un Ă©metteur de 1,5 kw et donc de diffuser des programmes sur la longueur d'onde de 410 mĂštres. . De nombreuses revues spĂ©cialisĂ©es voient le jour et en de nombreux endroits, des auditions publiques sont organisĂ©es.
  • 1923  Le 23 novembre, inauguration de Radio Stassart. Le lendemain commencent les programmes rĂ©guliers de la station sous le nom de « Station radiophonique de Bruxelles ».
  • 1924  Le premier janvier, Radio Bruxelles devient Radio Belgique, installĂ© dans les locaux de l’Union Coloniale, au n°34 de la rue de Stassart Ă  Ixelles. « On trouverait difficilement, dans l’histoire des peuples, un exemple d’engouement gĂ©nĂ©ralisĂ© comparable Ă  celui auquel donne lieu la TSF en ce moment » Ă©crit la revue ‘Radio Belge’ en cette annĂ©e 1924. ‘La Libre Belgique’, dans son Ă©dition du 26 avril, Ă©crit : « Ce tripotage sans fil et sans fin prend les proportions d’une Ă©pidĂ©mie. »
  • 1926  L’ArrĂȘtĂ© MinistĂ©riel du 30 octobre lĂ©galise l’émission d’amateur, les stations Ă©mettrices privĂ©es sont subdivisĂ©es en 5 catĂ©gories.
  • 1926  Le premier novembre, ThĂ©o Fleischman lance le premier journal parlĂ© de Radio Belgique, annoncĂ© selon la formule consacrĂ©e « toutes les nouvelles du monde et de la journĂ©e en trente minutes ».
Théo Fleischman (1893-1979)
  • 1930  De 10 000 en 1923, le nombre de postes dĂ©clarĂ©s passe Ă  75 000 en 1930, sans compter les postes non dĂ©clarĂ©s
.Les taxes sont toujours de 20 F pour les dĂ©tenteurs de postes Ă  galĂšne mais de 60 francs pour les rĂ©cepteurs Ă  lampes. CrĂ©ation de l'Institut National de Radiodiffusion (I.N.R). Ce service public de radiodiffusion, qui dĂ©pend du ministre des PTT, diffuse des programmes dans les deux langues. ThĂ©o Fleischman prend la tĂȘte des Ă©missions francophones dĂšs le 1er fĂ©vrier 1931
    La mise en place de l’I.N.R. s’accompagne de dispositions lĂ©gales relatives aux radios privĂ©es.
Radio Wallonia (1935)
  • 1938  Inauguration Ă  Flagey de la ‘Maison de la radio’. C’est aussi ce bĂątiment, rappelant l’allure d’un paquebot, qui accueillera les premiĂšres Ă©missions de tĂ©lĂ©vision en 1953.

Sources bibliographiques et crédits photographiques 

◊   Histoire de la radio, R. Froidure (2Ăšme Ă©dition - 1999)
◊   100 ans de radio en Belgique, Philippe Caufriez - Brice Depass Nicolas Gaspard, Renaissance du livre 2013.

Sites internet consultés :

         http://100ansderadio.free.fr/index.html

         http://www.radiopassion.be/

         http://www.radioatticarchives.com/radio.htm?radio=6685


Histoire de la premiĂšre station d’émission radiotĂ©lĂ©graphique et radiotĂ©lĂ©phonique de Belgique.

Les communications tĂ©lĂ©graphiques Ă  longue distance (Congo Belge) et la naissance de la radiophonie en Belgique sont dues Ă  deux ingĂ©nieurs, l’un belge, l’autre d’origine française: Robert Goldschmidt et Raymond Braillard.

Robert GOLDSCHMIDT
Raymond BRAILLARD

Construction de la station de Laeken.

A l’initiative du roi Albert I, une puissante station intercontinentale de TĂ©lĂ©graphie Sans Fil, destinĂ©e Ă  entretenir le contact avec le Congo, fut construite Ă  Laeken.

Elle fut achevĂ©e en 1913 et des essais fructueux furent poursuivis jusqu’en aoĂ»t 1914. Le poste de Laeken fut un des plus puissants du monde.
Sa construction fut difficile en raison de la grande puissance Ă©lectrique, formidable pour l’époque, qu’il fallait maĂźtriser. Un moteur de 300 chevaux (une autre source mentionne 400 ch.) entraĂźnait un alternateur de 1000 pĂ©riodes pour lequel on fournissait une tension de 6000 volts.
La longueur d’onde maximale Ă©tait de 10.000 mĂštres qui devait couvrir la distance de Bruxelles Ă  Boma. (soit 6.300 km).L’étincelle Ă©tait produite dans un Ă©clateur Ă©tudiĂ© pour produire une excitation par choc.
L’antenne Ă©tait constituĂ©e de 77 fils de 600 mĂštres de long supportĂ©s par 8 pylĂŽnes de 80 et 125 mĂštres.
Une neuviĂšme antenne Ă©tait en construction au dĂ©but de 1914. Il s’agissait d’un mĂąt carrĂ© avec des cĂŽtĂ©s de 18 pieds (5.5 mĂštres) et 1000 pieds de haut (333 mĂštres). Un ascenseur  devait ĂȘtre installĂ© pour atteindre le haut. Il devait ĂȘtre placĂ© entre les autres mĂąts pour soulever l’antenne et augmenter ainsi le rayon d’action.
Lors des premiers essais de transmission un ’’speaker’’ demandait  Ă  tous ceux qui Ă©coutaient d’envoyer un rapport d’écoute. Il se nommait Joseph LongĂ©. (‘Seventy Years of Broadcasting in Belgium’ Richard E.Wood).
La reine Elisabeth Ă©tait trĂšs intĂ©ressĂ©e par les travaux de  Goldschmidt, elle reçut tout un cours pratique de T.S.F. enregistrĂ© sur des rouleaux de phonographe en cire. Elle apprit Ă©galement  l’alphabet  morse.
En 1913, l’ingĂ©nieur italien Marzi construit un Ă©metteur expĂ©rimental dans une annexe du chĂąteau royal de Laeken, il s’agissait d’un Ă©metteur Moretti Ă  modulation par Ă©clateur rotatif avec un micro Ă  grenaille de charbon mis au point par Marzi. Il Ă©mettait sur une longueur d’onde de 700 mĂštres.
La premiĂšre Ă©mission aura lieu le 28 mars 1914, et sera donnĂ©e en l’honneur de la Reine Elisabeth, ensuite l’émission d’un concert vocal et instrumental sera donnĂ© tous  les samedis soirs de 17 Ă  18.00 h et de 20h30 Ă  22h  sur la frĂ©quence de 165 kHz avec un Ă©metteur d’une puissance de 2 KW.

La Belgique fut le premier pays au monde Ă  retransmettre un programme radiophonique.

Quand la guerre Ă©clata, le matĂ©riel de la station de Laeken  servit Ă  monter en trĂšs peu de jours  des stations de campagne Ă  LiĂšge, Ă  Namur et Ă  Anvers. Les deux premiĂšres stations furent rapidement dĂ©truites, mais la station d’Anvers fut dĂ©montĂ©e au moment critique et transportĂ©e Ă  Londres, oĂč elle fut installĂ©e Ă  bord d’un fourgon automobile. Elle devint la premiĂšre station puissante de campagne de l’armĂ©e belge.

Références :

La télégraphie sans fil au Congo Belge, par Robert Goldschmidt et  Raymond  Braillard.
Le Moustique. (Jo GĂ©rard)
Les constructeurs d’automobiles belges.
Internet : Earlyradiohistory.
Anciennes revues de l’UBA et Radiovisie.
Radio Vlaanderen international

Destruction de la station.

L’auteur de ce texte est : Henry M. de GALLAIX. TĂ©moin oculaire.
Article paru dans Radio Amateur  News, November, 1919 Page 220. (en anglais)
Le mercredi 19 aoĂ»t 1914 des rumeurs les plus contradictoires arrivĂšrent Ă  Bruxelles. Les uns affirmaient que les Allemands Ă©taient Ă  Louvain et ne voulaient plus attendre pour arriver Ă  Bruxelles et d’autres disaient que la capitale Ă©tait protĂ©gĂ©e par des troupes qui l’entouraient.
NĂ©anmoins, le dĂ©part prĂ©cipitĂ© de la Reine Elisabeth a semblĂ© donner raison aux pessimistes. Un autre Ă©vĂ©nement inattendu et plus convaincant prouva que la menace de l’ennemi Ă©tait rĂ©elle
Aux environs de 1 heure de l’aprĂšs-midi, une violente explosion Ă©tait entendue dans la direction de Laeken, prĂšs de Bruxelles. Par hasard je  me trouvais assez prĂšs. J’ai d’abord pensĂ© qu’on avait fait sauter le pont, quand soudain j’ai vu un des mats sans fil se plier et tomber par terre.
A peine remis de ma surprise, une autre explosion s’est produite, plus violente que la premiĂšre, et un deuxiĂšme mĂąt est tombĂ©. Je me suis dit : ‘’ils font sauter la station, les Allemands doivent ĂȘtre tout prĂšs’’. J’ai essayĂ© de me rapprocher mais Ă  200 mĂštres de la station, j’ai Ă©tĂ© stoppĂ© par un cordon de police. En faisant un dĂ©tour j’ai pu m’approcher de la station et je n’en Ă©tais plus sĂ©parĂ© que par le canal de Willebroek.
J’ai attendu quelques moments, et alors le bruit caractĂ©ristique d’un avion ‘’Taube’’ m’a fait lever les yeux. Il est venu lentement vers moi et est descendu jusqu'Ă  ce que j’aie pu voir la croix noire peinte sur ses ailes. Il a volĂ© au-dessus de la station, tournoyant deux fois et puis est parti dans la direction de Louvain quand soudain un coup de feu partit prĂšs de moi suivi par d’autres et ceci pendant quelques minutes.
L’avion se voyant pris comme cible Ă  tournĂ© et a disparu lentement.
Un groupe d’ingĂ©nieurs militaires belges  courraient de l’autre cotĂ© du canal et me criaient ‘’ Faites attention, sauvez  vous’’. Sans savoir pourquoi, j’ai reculĂ© de quelques mĂštres. Une troisiĂšme explosion s’est produite  et un troisiĂšme mat est tombĂ©. Les soldats sont revenus et l’un aprĂšs l’autre les mĂąts sont tombĂ©s.
Les soldats avaient coupĂ© les cĂąbles d’un cĂŽtĂ© de sorte que les mĂąts tombaient de l’autre cĂŽtĂ© ; puis aprĂšs avoir minĂ© les fondations ils allumĂšrent les fusĂ©es et se retirĂšrent  aussi vite que possible.
Un mĂąt a Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de tomber Ă  cause du mĂąt voisin, dans un autre cas l’explosion a seulement secoué  le mĂąt et les opĂ©rations de dynamitage ont du ĂȘtre recommencĂ©es jusqu’à ce que tout soit dĂ©truit. Vers 3h.30       les antennes Ă©taient dĂ©truites, mais la station de transmission et de rĂ©ception Ă©tait encore intacte. Cette station Ă©tait situĂ©e dans un tunnel sous la route de Vilvoorde entre le canal de Willebroek et  l’endroit oĂč se trouvaient les mĂąts.
(Les automobilistes qui vont Ă  Anvers en venant du boulevard Lambermont passent sur le pont Van Praet, et au moment oĂč ils tournent Ă  droite et passent sur le tronçon de route qui va du Yacht club house jusqu’au dĂ©but de l’avenue Van Praet, roulent sur les tunnels (murĂ©s Ă  ce jour) qui reliaient les quais du canal au domaine Royal, dans lesquels ce trouvaient les installations.)
Il Ă©tait seulement possible d’emporter certains des instruments lĂ©gers, le reste a dĂ» ĂȘtre dĂ©truit. Les piĂšces les plus sensibles Ă©taient cassĂ©es au   marteau, et pour la destruction de la station on a utilisĂ© de la dynamite. L’explosion Ă©tait si violente qu’une partie du parapet de granit a Ă©tĂ© cassĂ©e et une grande crevasse s’est ouverte dans le plafond du tunnel.
Pour terminer, afin que mĂȘme les ruines ne puissent pas  ĂȘtre rĂ©utilisĂ©es, la station a Ă©tĂ© remplie de paille et de foin et on y a mis le feu. Une  fumĂ©e dense s’est Ă©levĂ©e du tunnel. Elle est restĂ©e au dessus du canal  jusque dans la soirĂ©e et les derniers Ă©clats des flammes n’étaient pas Ă©teints quand l’ennemi est apparu sur la scĂšne.

Nous avons appris par aprÚs que les Allemands avaient espéré saisir la station sans fil qui les  aurait mis en communication avec les points les plus éloignés du théùtre des opérations.
Des ordres avaient Ă©tĂ© donnĂ©s Ă  une troupe de cavalerie en marche forcĂ©e, mais les autoritĂ©s belges, averties de ce mouvement, ont pu les devancer. Les plans allemands ont Ă©tĂ© dĂ©jouĂ©s, mais Monsieur Robert Goldschmidt perdit une grosse somme d’argent et le bĂ©nĂ©fice d’un travail patient de trois annĂ©es.
Pour la petite histoire, signalons que quelques Ă©clateurs type Laeken furent cachĂ©s pendant l’occupation allemande sous l’autel d’une chapelle bruxelloise (Couvent des Barnabites) et que chaque jour, sans s’en douter, des prĂȘtres allemands officiaient Ă  cet autel.

Micro de Marzi fabriqué en 1910.
Mars 1913: au Palais royal de Laeken, Marzi essaie
son micro et se livre Ă  la premiĂšre expĂ©rience d’émission radio.

Source :

http://www.radiopassion.be/

Documents annexes

Station de Ruysselede
Radio Wallonia 1935
pub bleuet

Autres documents annexes

Pierre Stoffel ON4PS

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