En 1933, un peu moins de la moitié seulement des foyers namurois disposait d’un appareil de T.S.F., un poste à lampes et non plus à galène. L’achat d’un récepteur, même modeste, pesait lourd dans le budget d’un ménage moyen.
S’y ajoutait la taxe annuelle de 60 francs au profit exclusif de l’I.N.R. (Institut National de Radiodiffusion). Des réparations coûteuses étaient à prévoir et nombre d’émissions n’étaient pas toujours reçues d’une manière satisfaisante pour l’oreille. En effet, des appareils électriques en tout genre, non déparasités, venaient parfois interférer, et leurs miaulements, leurs sifflements rendaient l’écoute désagréable.
La T.S.F. n’était encore qu’un luxe qui avait besoin de perfectionnement. Quant à la télévision, elle était loin d’être commercialisée, mais on en parlait déjà beaucoup dans le milieu des techniciens, professionnels ou amateurs. Ainsi, en avril 1933, un ingénieur de la Société belge de Radio (S.B.R.), firme spécialisée dans la construction de postes émetteurs et récepteurs, vint-il entretenir de ce procédé mystérieux pour beaucoup, les membres de l’Union namuroise de radiophonie.
Comme dans la plupart des villes belges, un club de radio amateurs¹ s’était constitué et tenait ses assises au n°1 de la rue Basse Marcelle. Certains membres construisaient eux-mêmes leurs appareils et rivalisaient d’ingéniosité en ce domaine, des concours étant chargés d’entretenir l’émulation. Ils s’efforçaient aussi d’éduquer le public, en lui apprenant comment se servir du sélecteur de longueur d’ondes, du contrôle de volume et surtout à déparasiter tous les moteurs électriques.
Le 24 novembre 1923 eut lieu la première émission de Radio-Belgique, qui émettait sur 410 mètres. Vers L’Avenir publie le programme fort simple de ces émissions : une heure de musique à 17 h et un concert à 20h30. Rapidement, celui-ci s’étoffa avec les journaux parlés, les cours de la bourse, des causeries.
C’est en 1930 que Radio-Belgique reçut un statut légal et que fut créé l’I.N.R., qui donnera plus tard naissance à la R.T.B.F et à la B.R.T.
¹ Comprenez ‘Amateurs-écouteurs’ (‘Broadcast concert listeners’)
Source : F. Jacquet-Ladrier dans : ‘La vie à Namur au temps du Roi Albert’ (1984), p.82.