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Les antennes long-­fil + MLB

Une forme d’antenne est apparue il y a quelques années : un fil de « n’importe quelle longueur » est raccordée à une mystérieuse boite magique qui adapte « automatiquement » la haute impédance de ce fil à 50 Ω. Cette mystérieuse boite magique est appelée « Magnetic Balun ». C’est, en fait, un (auto)transformateur 9/1 ou 10/1. Son appellation « balun » est donc incorrecte. Quant au « magnetic », tous les transformateurs font appel au magnétisme ! Oui, cette appellation n’est rien d’autre qu’un argument commercial.
Nous devrions donc dire « unun 9:1 »  mais le terme  « magnetic balun » a fait son nid dans le jargon OM.
Est­ ce une nouveauté ou une invention géniale ? Et non ! Depuis que nos récepteurs general coverage sont numériques, l’entrée « long-­fil » ou « 600 Ω » n’est souvent rien de plus qu’un… magnetic balun intercalé entre la borne antenne et la SO239 en 50 Ω ! C’est comme la prose de monsieur Jourdain : nous le pratiquions sans le savoir…

L’antenne

Au départ, il était conseillé de prendre un fil de 20 m. Réfléchissons. 20 m, c’est un quart d’onde sur 80 m.
L’extrémité présente donc, lorsque le fil est bien accordé, une impédance de 36 Ω (fois 2 pour un dipôle = 72 Ω). Cette impédance est divisée par 9 dans le MLB. Ça nous fait 4 Ω vus par le TX !!!   D’où un ROS de 50 : 4 = 12,5 => 12,5:1 ! Et le courant qui l’accompagne.
Sur 40 m, l’antenne résonne en demi-­onde. Ça nous fait une impédance qui va de 1500 à 5000 Ω selon l’environnement et si l’antenne est bien réalisée.
Mettons 2000 Ω, ce qui assez courant. 2000 : 9 = 222 Ω => 222 : 50 = 4,4 d’où un ROS de 4,4:1 ; ce qui est beaucoup plus raisonnable. Mais vous avez déjà compris qu’il est complètement faux de dire que le MLB accorde tout. Et deuxième conclusion : le MLB fonctionne infiniment mieux avec les hautes impédances.
Néanmoins, sur 80 m, on arrivait à un certain résultat. Il était déconseillé de mettre des radiales et même de mettre à la terre. Pourquoi ? Parce que, dans ces conditions, c’est la tresse du coaxial qui sert de radiale et le TX qui suit est raccordé à la prise de terre du secteur. Cela fait une résistance quand même assez élevée. Supposons qu’elle soit de 40 Ω (c’est une bonne approximation). Le TX verra donc l’impédance de l’antenne PLUS celle de la terre ; donc 4 + 40 = 44 Ω. D’où un ROS de 50 : 44 = 1,15 => 1,15:1 ; ce qui est excellent.
Oui ?…
La puissance appliquée à l’ensemble antenne plus terre sera répartie entre le fil et le sol; 4/44ème ira dans l’antenne et 40/44ème ira dans le sol. Ça nous fait un rendement de… 9%.
Mais 81% de cette puissance ira dans tout ce qui est raccordé au TX vu que le retour de l’antenne se fait par le coaxial. Conséquence : les masses métalliques de votre TX « piquent les doigts » en émission et vous faites un beau QRM dans les appareils audio­-vidéo du quartier vu que la masse de votre TX (donc la tresse du coaxial) est raccordée au fil de terre de votre installation électrique et que ce fil se trouve dans le même tube que les autres fils auxquels il est couplé capacitivement. Cela s’appelle le « mode commun ». Ces fils se promènent partout dans le domicile mais vont aussi chez les voisins et, 81 Watts (moins les pertes, évidemment), ça ne pardonne pas…
Sur les bandes non­-WARC du 40 au 10 m, il en va différemment. Refaisons le calcul. 2000 Ω : 9 = 222 Ω plus la terre de 40 Ω = 262 Ω vus par le transceiver. Cela donne un ROS de 5,2:1 (262:50).
Les multiples de 10 m sont donc à déconseiller formellement.
Des OM se sont déjà penchés sur le problème avant nous et ont établi des tableaux bien utiles. Il en ressort que les meilleures longueurs sont : 16 m, 38 m et 53 m avec un ROS qui n’atteint pas (en théorie) 2:1. D’autres longueurs sont utilisables mais aidées d’une boite de couplage. Voyez les tableaux ci­-après.
A noter que le terme « long-­fil » n’est pas correct car il désigne une antenne de plusieurs demi­-ondes de long.
Les Américains parlent plutôt, ici, de « random wire » qu’on peut traduire par « fil d’une longueur quelconque ».

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Les mesures qui circulent sur Internet

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Le tableau de Balun-Design

Notre antenne

longfils-3Nous avions acquis un joli petit secrétaire en imitation acajou ou merisier à restaurer. Il s’est avéré idéal pour y loger notre R2000 et faire de l’écoute dans le living lorsque la TV n’offrait pas de programme intéressant.
Un examen du schéma avait montré qu’il y avait un unun 9:1 en interface entre l’entrée « long-­fil » et le 50 Ω. Un simple fil aurait suffit mais dans les habitations modernes il y a beaucoup de « générateurs de bruit ». Il fallait donc éloigner ce fil de toutes ces sources. Quelques heures de recherches sur Internet (merci M. Google) nous ont fourni une documentation bien étoffée sur les magnetic baluns et leurs applications. Il a été décidé de tester un fil de 16 m.
Celui­-ci a été attaché au sommet du pignon de la maison (7,5 m) via un unun 9:1 de fabrication maison (voir les précédents QSP) et déployé jusqu’au bout du jardin où il a été attaché à une petite construction en bois de 2 m de haut. 7,5 m de RG58 assure la liaison du unun vers le sol.
L’extrémité de la tresse a été mise à la terre par un bout de tuyau en cuivre de 8 mm de diamètre et de 1,2 m de long qui a été simplement piqué dans le sol.
Ce câble coaxial passe par un trou déjà existant au ras du sol et un choke ­balun (tout bêtement une self de choc pour coaxial) était intercalé pour éviter que le QRM capté par la gaine du câble dans la maison ne soit transmis jusqu’à l’antenne et capté à son tour par celle­-ci.
N’oublions pas que la gaine d’un coaxial assure le blindage du câble. Elle empêche la HF de sortir mais aussi d’entrer. Peu de gens savent qu’un coaxial a, en réalité, trois conducteurs HF : l’âme, l’intérieur du blindage et l’extérieur de celui­-ci ! Et ceci grâce à l’effet de peau.

Une SO239 a été soudée après le choke­ balun pour un câble de raccordement au RX. Ce câble passe le long de la TV, de la chaîne Hi­fi et des récepteurs satellite plus divers accessoires et alimentations diverses mais on n’entend rien de substantiel. Cela veut dire que lorsqu’on éteint un de ces appareils, le niveau de bruit ne diminue pas.

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Le choke balun. Il est composé de 2 séries de tores utilisés dans les alimentations à découpage. Comme leur but est de l’antiparasitage…Sur la deuxième photo, le tube en cuivre servant de prise de terre.

Voyez les photos explicatives pour plus de détails sur la construction de l’antenne.

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Le « magnetic balun » dans son boîtier raccordé à la « pipe » par une chaine en plastique et notre « long-­fil » de 16m. Le point noir est l’isolateur d’extrémité.

Quelques petits trucs économiques et pratiques

Comme isolateurs, nous avions des « œufs » en polyéthylène et en porcelaine et nous les avons utilisés. Mais il y a mieux : de la chaîne en plastique utilisée pour délimiter les propriétés ou avertir d’un certain danger. Ces chaînes sont blanches et rouges ou noires et jaunes et coûtent deux fois rien dans les supermarchés de bricolage. Elles existent en deux tailles et toutes sont très solides, résistantes aux UV et parfaitement isolantes en HF. De par la disposition des maillons, l’eau ne peut pas circuler le long de la chaîne ; en fait, elle protège au moins aussi bien qu’un isolateur dédié tout en coûtant même moins cher ! De plus, elles présentent une petite élasticité qui protège un peu le fil des chocs.
Pour accrocher le unun au toit, nous avons acheté une pièce en acier à visser dans le bois. Cette pièce porte le nom de pipe et sert à soutenir un isolateur pour les clôtures électriques de pâtures pour le bétail. Il est parfaitement protégé contre la rouille et notre modèle, de 35 cm de long et 10 mm de diamètre (!), a coûté un peu plus d’un euro dans un commerce spécialisé en agriculture. On y a trouvé également la chaîne et des isolateurs en plastique. La pipe a été vissée dans la poutre maîtresse du toit, on y a enfilé la chaîne en plastique tenant le unun et c’est tout !
longfils-8Dans ces commerces, on trouve du fil de clôture en aluminium spécialement étudié pour l’électrification des clôtures. La résistance de ce fil de 1,8  mm est faible, il ne s’allonge pas, il est très léger et sa solidité est prévue pour résister à un mouvement maladroit d’un bestiau de plus d’une demi-­tonne. Cela devrait donc très bien convenir pour réaliser une antenne… En tout cas infiniment mieux que le fil en inox ou même en acier galvanisé qu’on trouve parfois dans des réalisations commerciales ! Son QSJ est dérisoire par rapport au cuivre et même l’inox. Il est blanc mat et se voit moins que le cuivre ou l’acier. Inconvénient : il ne se soude pas (facilement). Il faut donc réaliser les connexions par des moyens mécaniques. Nous allons tester cela et nous vous ferons part de nos observations. Mais si vous l’avez expérimenté vous­-même, vos conclusions seront très intéressantes pour tout un chacun.
Pour ceux qui ont des difficultés d’approvisionnement ou qui cherchent de la documentation, nous avons trouvé tout cela chez Leboutte à Hotton dans les Ardennes belges. Voyez leur site Internet : www.leboutte.be. Pub gratuite et désintéressée !

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Premiers essais

Les résultats sont surprenants. Les grandes et même les petites ondes sont normalement inaudibles sur nos récepteurs de trafic avec l’antenne du shack. Pourtant avec seulement 16 m, France Inter, Europe1 et RTL en grandes ondes arrivent ici, à Namur, de S9 à S9+30dB.
Même RMC, qui est normalement inaudible sur un BCR classique, est bien reçue. En décamétrique, les stations se bousculent pour faire dévier l’aiguille du S­mètre.
Une constatation s’est imposée immédiatement : le niveau de bruit en général et en particulier sur 80 m est faible : S9 sur la Windom de 40 m du shack et seulement S5 ­ S6 avec la 16 m. Parfois même en dessous de S5 ! Même chose sur 40 m. A première vue, les QRK sont les mêmes, à peu de chose près, pour les deux antennes. Mais la Windom est nettement plus haute que la filaire de 16m.
Serait-­ce la Windom qui n’est optimale ? Elle remplace une G5RV qui fonctionnait très bien mais un poil moins que la Windom sur 80 m ; donc tout serait normal.
Les essais sérieux, c’est à dire non subjectifs et comparatifs. Les deux antennes sont sensiblement orientées dans la même direction : Est-­Ouest. Le FT­857 (100W) émigre avec sa boîte de couplage et son alimentation à découpage du shack vers le living. Il est vraiment riquiqui à côté du R2000… ! HI. Le TOS-mètre Daiwa est monté en série avec l’antenne, sans coupleur. Au total il y aura environ 12 m de RG58 plus le choke­ balun à mi­-chemin.
160 m : 2,6:1 17 m : 2,7:1
80 m : 2,5:1 15 m : 1,9:1
40 m : 1:1 12 m : 4:1
30 m : 2,2:1 10 m : 1,7~2,4:1
20 m : 3:1 6 m : 2,6:1
La boîte de couplage nous donne aisément 1:1 sur TOUTES les bandes. Voir les tableaux dans les pages qui suivent pour plus de détails sur les ROS.

C’était le jour de la coupe du REF ; une bonne occasion de voir ce que ce fil a dans le ventre. Premier appel sur 40 m. Malgré le QRM du contest, l’OM (F) me prend du premier coup. S’en suit une série d’une trentaine de QSO en quelques dizaines de minutes. Les quatre coins de l’hexagone (HI) sont contactés très facilement. Le jeu n’est même pas amusant. On passe alors sur 80 m. Il est 16h30 et la propagation n’est pas encore bien établie. Pourtant, toutes les stations que j’ai entendues m’ont répondu, quel que soit leur QRK.
En vérifiant le numéro du département, je verrai que, là encore, les quatre coins de la France ont été contactés en +/­20 minutes.
Un petit tour sur le 160m. Mon plus lointain QSO sur cette bande a été …de 20 km ! Un OM à 60km de là n’avait rien entendu sur son FT­1000 avec un DSP Timewave et une windom à 15m du sol. Ce jour­-ci, Il y avait un contest sur cette bande et un ‘OK’ lançait appel. Je lui réponds avec une trentaine de watts (la puissance TX est déréglée sur cette bande). Il s’arrête, demande QRZ. Je relance mon appel, il me répond que c’est pratiquement inaudible et qu’il n’a pas pu copier mon indicatif. J’abandonne. Mais il m’a entendu.
Avec 16 m de fil à une hauteur de 7m50 d’un côté et 2 m de l’autre !
Essais avec les copains habituels dès le lundi. Sur 40 m, à 8h30, tout le monde me confirme que le signal est du même ordre voir supérieur à la Windom (on me donne jusqu’à deux points S). Cela sera répété plusieurs jours de suite avec les mêmes conclusions.
Le jeudi nous avons un QSO entre amis dans un rayon de 40 km sur le 80 m. Là encore on me confirme que le signal est puissant. Mieux même : des OMs que je ne pouvais copier du fait du QRM à S9 sur la Windom, sont parfaitement compréhensibles grâce au bruit à S5­-S6 seulement. Les essais comparatifs entre les deux antennes montre qu’elles sont presque équivalentes sur 80 m (­1/2 à ­1 point S pour la filaire de 16 m).
On décide alors d’allonger l’antenne à 32 m en la prolongeant en L inversé avec le unun au niveau du sol. La masse du transformateur (c’en est réellement un, en fait) est raccordée à la même terre que précédemment mais le tube de cuivre a été déplacé.
Le bruit reste au même niveau ; peut­-être un demi-point S en plus sur 80 m. Le ROS a changé mais ne dépasse pas 4:1. Sur le 20 m et plus haut il serait même plus faible.

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Ici le unun. Le fils est la branche verticale du L Inversé. Sur la deuxième photo, le fil part du unun pour aller à un isolateur situé au sommet d’une latte en bois de 3 m. le but est d’éloigner le fil des tôle de zinc et de la descente de la gouttière qu’on peut voir sur la gauche. Il faudra fixer cette latte plus haut et ainsi allonger l’antenne d’1 mètre ou 2.

C’est nettement plus puissant sur 80 m et plus ou moins la même chose sur les bandes supérieures. Mais les amis me donnent de 1 à 2 points de mieux pour la 32 m. Pour en avoir le cœur net, nous décidons de commencer le QSO du jeudi suivant à 16 h sur la Windom. Deux des correspondants ne me copient pas.
Un troisième fait le QSP. Je déplace le tout au living et là, le QSO peut se faire presque confortablement ! Le lendemain, un OM me confirmera les deux points S de mieux : il nous écoutait en stand­by sur un parking de supermarché.

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Le fil arrive au faîte du toit (venant de la gauche) à un isolateur « œuf  » attaché à la pipe et descend vers le fond du jardin, jusqu’à une hauteur de 2 m

René, ON2ROB, autre passionné d’antenne, a repris nos essais. Son antenne officielle est une Windom de 20 m accordée sur 80 m avec une importante self et un fil de 2m pour la résonance sur 80 m (la mini­FD décrite dans NMRevue il y a quelques années). Il adore cette antenne qui est sa préférée. Il a érigé une filaire de 16m et arrive exactement aux mêmes conclusions que nous. Mieux même il habite à 35 km du QRA ON5FM.
Sur 80 m, sur la Windom, il est pratiquement indécodable alors qu’il a un QRK montant à S8 avec cette filaire. Il va la porter à 53 m dès que le temps le permettra.

Inquiétant…

Sorcellerie ou antenne miracle ? C’est vraiment étrange car ces antennes ne sont pas accordées. Balun-Design, un fabricant de balun à usage professionnel, donne quelques conseils pour ce genre d’antenne : http://www.balundesigns.com/…  Nous avons donc testé ces conseils.
D’abord, nous avons placé un long fil sur le sol, en dessous de la 32 m. Absolument aucune différence. Puis, nous avons placé 8 radiales de 3 m à la base du unun comme prescrit par ce fabricant : absolument aucune différence notable. En désespoir de cause, nous avons débranché le fil de terre. Le croirez-­vous ? Aucune différence, rien, nada, nothing, nichts !!! En fait, il y a toujours une radiale de 7,5 m, en l’occurrence l’extérieur de la tresse du coaxial jusqu’au choke balun.
On s’est alors penché sur le sujet en se creusant les méninges.

Tentative d’explication du rendement

La L inversé est une verticale prolongée horizontalement. Le rendement d’une antenne est au prorata du rapport entre son impédance et celle de la terre ou de son plan de sol.
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Avec : Za : impédance de l’antenne
            Zt : impédance de la terre
Si nous avons une Z antenne de 50 Ω et une terre de 50 Ω, la moitié de la HF sera rayonnée et l’autre moitié ira à la terre ; le rendement sera de 50% soit un demi-point S chez le correspondant.
Si nous avons une Z antenne de 450 Ω et une terre de 50 Ω, le rendement sera de 90%.

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L’impédance d’une antenne non accordée est composée de la résistance au rayonnement Rr et une réactance. Celle­-ci sera capacitive si l’antenne est trop courte (il faudra une self en série pour l’allonger électriquement)
Si elle est trop longue, la réactance sera inductive : un condensateur en série la compensera. Mais la Rr ne sera pas modifiée. C’est la boîte de couplage qui se chargera de tout ce travail.

50 Ω représentent une terre très sommaire dans un terrain moyen. Sur de la roche ou du sable sec, ce sera beaucoup plus. Dans de la tourbe, du sable mouillé à l’eau de mer ou de l’humus, la résistance sera très faible. Pour vous fixer un ordre de grandeur : une ground plane au sol avec la ou les radiales à 90° aura une Z de 36 Ω. Ici, nous avons une radiale non résonnante mais qui est fortement couplée au sol vu qu’elle repose sur celui­-ci. Parenthèse : le but des radiales enterrées est double : permettre à la HF de rebondir vers l’espace et de rendre le sol moins absorbant à la HF. C’est pour cette raison qu’un plan de sol égal à la hauteur de l’antenne est toujours souhaitable, même avec des antennes qui n’en ont théoriquement pas besoin.
Mais ! L’antenne n’étant pas accordée, il y a de la réactance qui constitue une impédance complexe avec la résistance au rayonnement de l’antenne (Rr)… La résistance au rayonnement est l’impédance d’une antenne parfaitement accordée. La réactance est provoquée par le désaccord d’un aérien. Le magnetic balun ne voit pas cette réactance (ou si peu). Il transforme tout bêtement ce qu’il voit, c’est à dire une impédance (complexe). Et dans ce type d’antenne, ça tourne entre 150 et 1500 Ω. D’où un ROS pouvant aller jusque 4:1 pour une antenne bien dimensionnée avec son MLB.
Donc, le TX peut voir 50 Ω à son amphénol de sortie. Et il est content car c’est la charge dont il a besoin. Oui, il est « bête et discipliné ». Ainsi, le magnetic balun transforme un défaut en qualité car cette impédance complexe entre en ligne de compte pour le rendement de l’antenne ; donc, quand vous avez un ROS de 1,1:1 vous avez un rendement d’au moins 90% si la terre est acceptable.
Révolutionnaire ? Non, pas du tout. On profite de ce principe depuis longtemps avec les antennes mobiles.
Une perche de 2,5 m de haut a un Rr (résistance au rayonnement) de +/­ 8 Ω. Et pourtant, vous avez un ROS de 1:1 au TX ! Comment est­ ce possible ? Eh bien, on désaccorde l’antenne sans s’en rendre compte et son impédance devient réactive. Les quelques ohms en plus suffisent à leurrer le TX… et son opérateur. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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Influence du rendement du unun

Un balun 4:1 vous gêne ? un balun 1:1 au centre d’un dipôle vous gêne ? Un 9:1 bien conçu a pratiquement le même rendement. Alors ? Si la réactance de l’impédance complexe de l’antenne a une influence, une boîte de couplage devrait améliorer les choses vus que son rôle est double : compenser les réactances d’abord, pour accorder l’antenne, puis ramener sa Rr à 50 Ω. Devinez… ? Rien, impossible de dire que le coupleur est en service ! CQFD. Mais cela va à l’encontre de tout ce que nous avons appris… 16 m représente 0,2 lambda sur 80 m. La Rr est très faible à peine plus d’une dizaine d’ohms. Avec une terre de 50 Ω de nos exemples précédents, le rendement devrait être de 15 à 20%, soit 1,5 point S en moins chez le correspondant. Manifestement ce n’est pas le cas. Donc la composante réactive entre bien en jeu ­et un jeu bénéfique­ pour le rendement de l’antenne.

Question sans réponse

Pourquoi est-­elle meilleure que beaucoup d’antennes accordées traditionnelles ? Avez­-vous une hypothèse ? Avez­-vous fait des comparaisons d’antennes de ce type ? Il serait bon d’arriver à la démystifier et à expliquer son rendement surprenant. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques au rédacteur de cet article : on5fm@uba.be Pour notre part, nous n’avons pas trouvé de réponse vraiment satisfaisante.

Conclusion

Si vous disposez de peu d’espace, un fil de 16 m tendu à l’horizontale et le plus haut possible et terminé par un unun 9:1 vous satisfera et vous permettra un trafic très honorable. Vous pouvez le placer en « sloping », c’est à dire en pente de 30 à 45° vers un support à près du sol. Si vous n’avez vraiment pas de place, vous pouvez la monter en L inversé ou même en V.
Balun Design conseille un contrepoids de 20 à 30 pieds à l’extrémité du brin rayonnant, soit de 6 à 9 m, en évitant toute longueur résonnant sur une bande de travail. 7 ou 8 m justes conviennent très bien. La tresse du coaxial conviendra également parfaitement à condition de bloquer la HF à cette distance par un choke balun. Sinon un fil tendu dans le prolongement de l’antenne ou à 90° maximum fera l’affaire.
Si vous avez plus de place, les autres dimensions bénéfiques sont 38 et 53 m. Mais toute autre longueur tirée des tableaux publiés conviendra mais le coupleur intégré à votre TX pourra ne pas suffire sur certaines bandes.
Évitez de longer des masses métalliques, même à plusieurs mètres de distance car cela influera sur le ROS et le rendement de l’antenne. C’est pour cela d’ailleurs que les nôtres ne respectent pas les valeurs données dans les tableaux. Cette antenne vaut la peine d’être expérimentée. Elle ne battra jamais une beam à 20 m du sol mais vous permettra un bon trafic ; même si vous êtes dans de mauvaises conditions. Avec un balun bien étudié, elle sera toute autre chose qu’une charge fictive rayonnante. Référez­ vous aux QSPs publiés depuis le début de cette année pour la construction d’un Unun 9:1 valable et, surtout, économique !

Cet article est dédié à mon ami Luc ON4ZI (SK) qui aimait expérimenter nos antennes.

Documents :

  • Le MLB original  http://bit.ly/12Bn1vH
  • Un bon MLB pas cher (et facile à reproduire)   http://bit.ly/12Bn1vH
  • L’influence du bruit véhiculé par les fils du secteur  http://bit.ly/16EJGF2 Super­ intéressant, super­ instructif !
  • Un bel article en français  http://bit.ly/13mCUBy
  • Un autre, très bien documenté  http://bit.ly/1dAtloI
  • Celui ­ci est à télécharger et à lire attentivement car il fait de nombreuses références au gourou du balun, W2FMI   http://bit.ly/1bhy81D
  • Et surtout les livres de W2FMI Jerry Sevick : « Transmission Line Transformers », 4th. Ed. published by Noble et  « Undestanding Building and Using Baluns and Ununs » : Practical Designs for the Experimenter, Published by CQ Communications

… et beaucoup d’autres !

Résistance et réactance

Ces deux concepts sont similaires mais pas identiques. La résistance dissipe l’énergie en trop, que ce soit en continu ou en alternatif, alors que la réactance ne fonctionne qu’en alternatif en freinant simplement le passage du courant.
Reprenons la bonne vieille analogie du tuyau d’eau. La réactance d’un étranglement dans le tuyau qui limite le passage de l’eau et, de là, la puissance du jet. La résistance consiste à percer des trous dans le tuyau afin que l’eau dont on n’a pas besoin aille dans la nature. Ici, on consomme toute l’eau qui sort du robinet en rejetant l’excédent. Avec la réactance, le débit au robinet baisse car l’eau ne sait plus passer à plein régime dans le tuyau.
Ce principe est employé dans certaines lampes LED 230 Volts de petite puissance (qui fonctionnent sous 3 ou 4 volts) : on provoque une chute de tension alternative en freinant le passage ou courant à l’aide d’un condensateur de quelques μF.
Point important : la résistance chauffe alors que le condensateur reste froid vu qu’il ne dissipe aucune énergie.
Pour l’inductance, il en va de même : c’est ainsi qu’on régule la puissance des postes à souder classiques ou des fours à micro-onde, par exemple. En HF, la réactance ne consomme pas plus d’énergie ; sa présence ne coûte rien, il faut juste s’en accommoder. C’est exactement ce qu’on fait avec ce type antenne long-fil à unun 9:1.
La résistance au rayonnement est celle qu’on peut remplacer par une résistance physique en ayant le même résultat. Une antenne parfaitement accordée donne le même TOS qu’une résistance de 50 Ω. La réactance est une capacitance ou inductance qu’on peut remplacer par un condensateur ou self physiques en ayant le même résultat. On peut donc imiter n’importe quelle antenne en mettant en série une résistance et une self ou un condensateur. En réalité, il y a plusieurs résistances et plusieurs réactances mais c’est une autre histoire qui n’entre pas en ligne de compte pour la compréhension ou fonctionnement de cette antenne.

Pour la fin de l’article

Voici nos feuilles de relevé de mesures. (cliquer pour agrandir)
La première est celle de l’antenne de 16 m. Différents essais ont été expérimentés. La colonne 4 reprend les résultats de Balun Design et un autre à la 5, de I8JJI.
La deuxième feuille concerne une augmentation de la longueur du fil à 22 m, toujours en ligne. Puis la 32 m en L inversé actuelle.
La troisième feuille correspond toujours à la 32 m mais avec différents essais de terre.
           Nota : l’acronyme “EFLW” signifie : End Fed Long Wire

Article paru dans le QSP N°30 de juin-juillet 2013

on5fm par Guy MARCHAL | ON5FM


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Post Author: Albert